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samedi 17 mars 2012

Votez Mousse Mango !

“Ne me parle pas sur ce ton. Je suis rongé d’une tristesse auprès de laquelle la nuit la plus sombre est une lumière éblouissante” Alfred de Musset, Lorenzaccio, Acte III Scène 3.

Voilà la citation que j'avais utilisée pour parler du livre Chagrin d'École de Daniel Pennac dans le billet "Soyons optimistes"
Je ne savais pas encore que l'auteur me ferait, quelques semaines plus tard, une petite dédicace ... personnalisée !

Rien de mieux qu'un tour au Salon du Livre pour retrouver la "lumière éblouissante" : une revigorante discussion avec Frédéric Pommier, un échange avec Philippe Delerm et un joli dessin de Daniel Pennac ...

Allez-y, on s'y amuse bien !


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Et surtout : votez Mousse Mango !
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samedi 28 janvier 2012

!! Flash Info !!


« La littérature n’est pas la vie, elle n’est qu’un moyen d’exaltation de la vie, un moyen d’en saisir le drame d’une façon plus claire et plus intelligible » Stephan Zweig
Je vous parlais, ici, de Michel Rabagliati pour sa merveilleuse série de bande dessinée Paul. Figurez-vous qu’il a intégré (pour la deuxième fois) la compétition officielle (sélection Jeunesse) du très prestigieux festival international d’Angoulême pour son dernier opus Paul au Parc.

Après le succès de Paul Au Quebec qui reçut en 2010 le prix du public à ce même festival, gageons que le jury saura déceler à nouveau tout le talent de cet auteur et lui décerner demain, jour de clôture du festival, un nouveau prix ; Notons d’ailleurs que, pour une fois, l’auteur a traversé l’océan Atlantique pour être présent lors de cet événement crucial (Michel Rabagliati est un phobique de l’avion… )
Pour en savoir plus sur l’opus en question et l’édition 2012 du Festival d’Angoulême, c’est  ici
Et puis, suivez également Guy Delisle dans la sélection Officielle pour ses Chroniques de Jérusalem dont je vous parlerai bientôt.
Ainsi, si mon admiration pour Stephan Zweig reste sans faille, il faut reconnaître que le festival nous permet, le temps de ces quelques jours hors du temps (du 26 au 29 février 2012) et où chacun est dans sa bulle (!), de croire que, précisément, cette littérature est la vie.

vendredi 20 janvier 2012

Qui vivra verra ...



“L’immobilité est en marche et rien ne pourra l’arrêter” Edgar Faure
Face à toutes les – perpétuelles - promesses de changement qui se font jour en cette période de pré-campagne électorale, cette citation d’Edgar Faure fait preuve de grande actualité !
Elle rappelle subtilement combien la frontière entre l’immobilisme et l’action, le désespoir et la vitalité, le découragement et l’optimisme est ténue.
Un film qui me semble bien incarner toute l’ambivalence de ces rapports sous-tendue par cette phrase d’Edgar Faure (et, qui finalement, révèle toute sa richesse) est le célèbre Fabuleux Destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet.


Cette jeune femme accro aux ricochets qu’elle fait valser sur le canal Saint-Martin décide subitement de changer sa vision des choses et sa façon d’appréhender la vie.
Alors même qu’elle incarnait l’immobilisme – elle s’installe à Paris dans une vie plan plan où elle occupe un poste de serveuse, attendant simplement que le temps passe – elle devient progressivement la figure d’un changement tout singulier… Amélie décide, après la curieuse découverte d’un coffret d’enfant enfoui chez elle, de se mêler de la vie des autres. Mieux : d’enjoliver la vie des autres. Mieux encore : de devenir la fée invisible de la vie des autres.
Les autres, donc ?
Tel un conte et créant un Montmartre hors du temps, ce film fait exister l’immobilisme en marche que rien ne peut arrêter. Parce qu'en effet, l'immobilisme reste bel et bien présent et entremêlé à sa nouvelle activité. Déterminée à agir pour les autres, notre héroïne apprend progressivement à se mettre elle-même en danger pour faire avancer sa propre vie. Ce qui ne peut se faire sans appréhension, et dont il était déjà question ici.
Rappelant sans équivoque le personnage Blanche Neige de Disney, cette Amélie au regard malicieux est à la fois ange et démon. S’immisçant dans la vie des autres, elle les prive également de leur liberté . Nous sommes donc loin d’une douce et pure gentillesse, ce que disait déjà Emmanuel Jafferin dont nous parlions .
Quelque soit le résultat du match de ses bonnes contre ses mauvaises actions, elle nous incite, contrairement à Jean-Jacques Goldman, à ne pas attendre …

Comme dirait le centurion d’Astérix et d’Obélix dont le découragement ravit toujours le lecteur : « Engagez-vous qu’ils disaient » ...

lundi 16 janvier 2012

Un peu de douceur


« La gentillesse est donc à la morale ce que la kinésithérapie est à la médecine: un massage de l’âme et donc une manière de faire le bien par la douceur. Voilà pourquoi la gentillesse est une valeur chaude : parce qu’elle réchauffe le cœur de celui qui demande une aide et que ce réchauffement moral est un lien fondamental de l’humanité. » Emmanuel Jafferin, Éloge de la gentillesse
La gentillesse est souvent décriée comme arme du faible, de celui qui ne perçoit pas, dans notre monde contemporain, toute la perfidie ou la malice de son interlocuteur.
Un pauvre benêt, en somme …
Emmanuel Jafferin remet les choses en place et redonne à cette vertu toutes ses lettres de noblesse : là est bien le terme juste puisqu’il rappelle que la gentillesse est, à l’origine – chez les Romains - non pas une notion de morale mais un trait caractéristique du noble.
A croire que Dominique Roque et Alexis Dormal, auteurs de la série et bande dessinée Pico Bogue, ont lu Emmanuel Jafferin tant leur style utilise du ressort de la gentillesse pour produire un ouvrage doux, subtil, hilarant et néanmoins profond. Le lecteur suit les aventures de Pico, petit roux à la tignasse rebelle,  et surtout …. (très) mauvais élève !
Tome 1
Les auteurs nous donnent à lire des aventures familiales quotidiennes, à traves de courtes saynètes, émouvantes, touchantes et incroyablement drôles. Les bouilles follement attendrissantes du frère et héros (Pico) et de sa soeur (Ana Ana) n’y sont pas innocentes.
Une platitude de bons sentiments, pensez-vous ?  Absolument pas !
Si aucun sujet n’est épargné- la fatalité de la mort, la cruauté de l’amour à sens unique, le désespoir, l’exclusion, les difficultés de l’éducation –, ce n’est jamais au détriment de leur profondeur et de leur complexité. C’est avec une grande habilité et finesse que les auteurs abordent ces thèmes souvent difficiles. Et la gentillesse, qui est bien au cœur de ces courtes histoires, permet précisément de traiter tout cela si ce n’est avec légèreté, du moins avec une ironie sous-tendue et innocente. Proche de la tendresse, cette gentillesse rend le lecteur meilleur une fois la lecture terminée.
A bon entendeur …. 

Tome 2
Tome 3
Tome 4