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mercredi 3 avril 2013

En attendant ...


« Le temps est une surface, horizon tout entier vers ce qui va venir » Husserl, Les leçons sur la conscience intime du temps

Un arrêt de bus, un bureau de poste, les toilettes avant la séance de cinéma.
Si le temps est un horizon tourné vers l’avenir comme le dit Husserl, quoi de pire qu’une attente en « perte sèche » ?



Extrait du blog de Mathieu de Muizon

L’attente donne envie de rattraper le temps perdu.
Parce qu’après tout, nous n’avons pas  de temps à perdre.

En attendant le pire, Debout sur le Zinc


En attendant …

dimanche 11 novembre 2012

la vidéo du dimanche


« Dans leur pitié, pour notre race naturellement vouée à la peine, les dieux ont institué des haltes au milieu de nos travaux. C’est l’alternance des fêtes »
Platon

Se démarquer de la masse. Vaste programme. Soyons tous clownesque, et nous serons la masse.
Joli clip d’animation proposé par Debout Sur le Zinc :


Ce clip participe en ce moment au concours PROTOCLIP. Vous pouvez voter ici.

mercredi 30 mai 2012

Je suis un équilibriste


« Ah ! Voici l’équilibriste en habit noir. Il grimpe, à la force des poignets, jusqu’au sommet de la coupole, jusqu’au trapèze vertigineux. Il pose un des pieds d’une chaise sur un verre à boire qui craque, et il s’assied au-dessus du vide. »
Les plaisirs et les jeux (1922), Georges Duhamel

Il y a des moments où l’on retient son souffle. L’attente d’un résultat médical, musical, ou professionnel.
On est alors dans un entre-deux. Et l’on ne peut rien faire. Les dés sont jetés. Plus rien ne dépend de nous. Notre tour (chance ?) est passé.
Cette étrange temporalité où l’on ne peut pas dire que tout va bien. Mais pas plus que tout va mal. Ce sas sans nom. Un intermède de l’indéterminé.
C’est aussi le fil rouge qui définit le magnifique film Walk the line qui retrace la tumultueuse vie de Johnny Cash. Une vie comme sur un fil. Et où tout semble si fragile. Entre ses indécisions amoureuses, ses addictions diverses et son infaillible talent, Johnny Cash se révèle à travers son  parcours passionnant et non moins semé d’embuches.


A la différence de nombreux de ses contemporains (au premier rang desquels Elvis Presley), Johnny Cash survivra à ses débuts chaotiques.
Comme un équilibriste.




Je suis un équilibriste

dimanche 15 avril 2012

La vidéo du dimanche




« Dans leur pitié, pour notre race naturellement vouée à la peine, les dieux ont institué des haltes au milieu de nos travaux. C’est l’alternance des fêtes »
Platon
Aujourd’hui, c’est le marathon de Paris. Dans une semaine, c’est les élections présidentielles.
Il est souvent dit que les hommes politiques sont des sportifs de haut niveau ...

Debout sur le Zinc, Sport 2000

lundi 5 mars 2012

La tête sous l’eau


" La mer n'appartient pas aux despotes. À sa surface, ils peuvent encore exercer des droits iniques (…). Mais à trente pieds au-dessous de son niveau, leur pouvoir cesse, leur influence s'éteint, leur puissance disparaît! Ah! Monsieur, vivez, vivez au sein des mers! Là seulement est l'indépendance! Là je ne connais pas de maîtres! Là je suis libre !” Vingt Mille lieues sous les mers. Jules Verne. Première Partie. Chapitre 10.

Les eaux thermales de Vichy, les bains de pieds ou les très en vogue « fish pédicures » … les bienfaits de l’eau semblent s’imposer à nous comme des évidences.
A croire qu’il faille céder à Jules Verne, et dire que c’est l’eau qui nous attire !
L'eau, Jeanne Cherhal
Et puis parfois, l’eau nous prend  au dépourvu.
Nous étions allés à la piscine pour essayer de tout oublier et de noyer nos inquiétudes pendant une heure sous le mouvement saccadé de nos bras en crawl. Mais l’eau a raison de nous. Et nous voilà plutôt à nous débattre dans un combat où seule la fuite en avant nous est proposée. Nous avançons, désespérément, pour ne pas sombrer. Et la lutte quotidienne devient lutte en action.
Pour illustrer ce phénomène, j’aurais pu vous proposer Direction la Piscine de Florent Nouvel ... mais aujourd’hui ce sera plutôt La Fuite En Avant de Debout Sur Le Zinc :

Après ces nombreuses minutes de natation écoulées, il est certain que l’on se sent victorieux. Nous avons eu raison des flots, malgré tout. A l’improviste.
Et la tête sous l’eau
….

Et puis finalement, on est peut-être tous un peu Piscine love, non ? Écoutez donc l'opus éponyme de La Chanson du Dimanche en cliquant ici !

mercredi 8 février 2012

Le plaisir des incompréhensions


« L’œuvre pure implique la disparition élocutoire du poète qui cède l’initiative aux mots » Mallarmé, Crise de vers
Lâcher prise sur les mots, puisqu’ils disent plus que ce que nous attendons d’eux.
Qui a dit, d’ailleurs, que se comprendre avait un quelconque intérêt ? 
La communication ? Oui, certes …
Le théâtre de l’absurde, sans aucune once de logique, parvient à signifier alors …
Pourtant, j’ai l’étrange obstination de vouloir, sans cesse, donner un sens aux choses. Et même lorsqu’il n’y a pas de raisons valables pour en chercher (et en trouver). C’est qu’il devait en être ainsi alors.
Et pourtant (pourtant je n’aime que toi ?).
Non pourtant, je trouve qu’il n’en va pas de même en matière de musique. Les plus belles mélodies et chansons sont des poèmes qui laissent à l’âme le choix du sens à y déposer.
Nous sommes remplis de contradictions. Celle-là est peut-être la mienne.
Mais il ne s’agit pas, justement, de l’absence de sens suggéré par l’absurde. Plutôt le mystère permis par un boulevard de clarté préalable. Dans ce cas, précisément, la part de mystère ouvre la porte à la rêverie et finalement au début du plaisir.
Voilà peut-être pourquoi le groupe Debout sur le Zinc remporte un tel succès en toute discrétion. Ce sont des poètes qui se laissent dépasser par les mots.
Qui comprend réellement à qui ou à quoi (tiens tiens) est destinée cette déclaration par exemple :
Debout sur le Zinc, La déclaration

Prenons un autre exemple, celui du cinéma. Pensons au mystère de « Rosebud » de Citizen Kane. Si nous comparons cette énigme à celle – si l’on se permet l’anachronisme – du Sixième Sens, nous percevons bien toute la nuance : dans le premier, l’énigmatique phrase prononcée dans un souffle avant la mort du journaliste et héros Charles Forest Kane conserve jusqu’à la fin tout son mystère ; dans le deuxième, la chute éclaire a posteriori tout le déroulé de l’intrigue.
Une fois le mystère perdure au-delà du film, une autre, il disparaît dans l’espace-temps du film.
Le premier est plus noble à mon goût.
Conserver une place pour l’imaginaire.
Conserver des espaces pour de doux non-dits.
Conserver un lieu pour le plaisir des incompréhensions