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samedi 8 décembre 2012

L'homme qui parlait à l'oreille ...



" Je ne suis ni dessinateur ni peintre. Mes dessins sont de l'écriture dénouée et renouée autrement" Jean Cocteau

On dit souvent que si les murs parlaient, ils nous raconteraient de sacrées histoires. Ils en ont vu des passants, des écoliers, des amants, des jeunes femmes, des familles nombreuses, des solitaires. Les longer, les raser, les observer, les taguer.

Les murs ont un sens pour ceux qui les connaissent. C'est sans doute pour cela qu'il peut être douloureux de changer de murs. Le "mal du pays" dit-on. Ces nouveaux murs, ces nouvelles pierres, ce nouveau territoire n'ont pas d'histoire à nous raconter. Nous n'en avons pas à leur en conter.

Pourtant, certains murs semblent universels. La richesse de leur passé dépasse toute possibilité d'ennuis. 

Chroniques à Jérusalem, de Guy Delisle racontent justement comment cette ville regorge de murs forts bavards, si l'on parvient à les écouter. De mur (des lamentations) en mur ( de séparation). 



Comme à son habitude, l'auteur trace sous son fin crayon sa vie dans une ville (souvenez-vous de Shenzhen, Pyongyang ou les Chroniques Birmanes notamment) et en l'occurrence ici dans la ville Sainte d'Israël. On découvre les quartiers musulmans, les quartiers juifs, les quartiers chrétiens. Les colonies. Les aberrations qu'une telle division fait naître au quotidien. On découvre le regard d'un dessinateur sur une ville, qui tel un interprète, transpose par un trait de crayon les non-dits et les discours des murs sur une feuille de papier. 


Un dialogue avec les murs.

On en regarde les murs différemment. Même à Paris.




Yael Naïm, Paris


L'homme qui parlait à l'oreille …
... 


jeudi 1 novembre 2012

C’est celui qui dit …


« C’est peut-être l’enfance qui approche le plus de la « vraie vie » André Breton, Premier manifeste du surréalisme 

Quand on gagne, après dur labeur, le monde du travail, on finit parfois par se dire que la vie enfantine n’était pas si désagréable, après tout.

Dans Plus cool tu meurs, la bande dessinée d’Alex Robinson, on s’aperçoit que c’est d’ailleurs bien dans cette période que (presque) tout se joue.


La scénario est proche de celui de l’Effet Papillon,  film dont il était question dans l’Effet Mouche : Andy veut arrêter de fumer. Après de multiples tentatives, il se rend, sans aucune attente mais en désespoir de cause, à une séance d’hypnose. Entre mépris et appréhension à l’égard de cette méthode, il finit par s’y abandonner. Cet homme de 40 ans se retrouve alors dans la peau du jeune adolescent qu’il était, un lycéen de 15 ans. Vient l’heure des options et des effets papillons : que se passerait-t-il s’il s’offrait enfin la possibilité d’inviter la jolie Marie à la fameuse fête du cousin de Mat, lors de laquelle il a fumé pour la première fois ? 

De ces choix faits bien plus jeune découle, en guise de résultat, sa vie actuelle. Mais la retrouvera-t-il ?
Ce scenario original est accompagné par un ton décalé qu’introduit parfaitement la citation choisie en début de son ouvrage : « Aux solitaires, aux losers et aux parias. En espérant qu’un jour, vous leur montrerez de quoi vous êtes capables ».

Comme dirait Benoit Dorémus, avis à ceux qui ont la loose :




C’est celui qui dit ...

mardi 14 août 2012

Mangez, vivez, survivez Rock !


« Aujourd’hui on peut faire de la musique avec des ordinateurs, mais l’ordinateur a toujours existé dans la tête des compositeurs » Milan Kundera, L’Art du Roman


Un été sans musique n’est pas un véritable été. On m’a dit, il y a peu, que les grands événements nécessitaient un air pour les rendre davantage mémorables.
Prenez We are the Champions de Queen pour la Coupe du Monde de football … ou La marche des Tongs dans Camping … A chacun sa chanson.

Mais de là à construire sa vie sur une succession de chansons rock, il y a plus qu’un grand pas.

C’est pourtant ce que nous raconte Rob Sheffield dans Bande Originale.



Au son des faces A et B de ses cassettes enregistrées tout au long de sa vie à deux, l’auteur nous raconte ses rencontres, ses premiers amours, la mort et la survie.
Renée, sa femme morte prématurément, était comme lui, grande admiratrice de musique rock. Ensemble, ils ont confectionné, à l’ancienne, des cassettes dont les bandes sont pleines d’enregistrements volés à la radio ou de compilations judicieusement confectionnées selon les événements vécus.
La rencontre avec sa femme Renée est évidemment sur fond de musique rock :
« Elle m’a expliqué qu’on pouvait chanter le générique de la série Beverly Hillbillies sur l’air de Talk about the passion de R. E. M. ça m’a suffit : dès qu’elle s’est mise à chanter « Talk about the Clampetts » remplaçant le mot « passion » par le nom de famille des héros de la série, toute idée que j’avais de ne pas tomber amoureux d’elle est allée brûler dans les flammes de la Tour Infernale. C’était cuit. J’étais cuit. » p 75, édition poche
 
Autant vous dire que le titre est approprié : on lit des bandes son, on découvre des groupes, des bandes d’amis et le tout sur un ton loufoque et inhabituel. Bref, une bande originale.

Lire Bande Originale c’est parcourir l’histoire du rock sur fond de mélancolie pure d’une histoire perdue. C’est voir vivre Renée, faire son deuil, danser et chanter.
C’est Nirvana, R.E.M, AC/DC, Elton John et Lou Reed.
C’est lire le script de Good Morning England. Mais en mieux.

Mangez, vivez, survivez Rock !





Pour une autre idée de livre original sur l’histoire du rock : L'Esprit Rock




lundi 26 mars 2012

Quelle heure est-il ?


“Le temps n'a qu'une réalité, celle de l'instant” Bachelard, L’Intuition de l’instant

Difficile de s’y retrouver avec ces changements d’heure …
Très savoureux que ces quelques heures où nos horloges ne nous indiquent pas la bonne heure. Nous sommes dans une temporalité toute particulière. Quand le temps qui passe perd (presque) ses repères.
Un espace-temps disloqué, c’est bien le thème mis en bulles par Clarke dans la bande dessinée Nocturnes sortie en janvier 2012, aux éditions Le Lombard.


Cette atypique bande dessinée importe dans ses bulles une grande thématique théâtrale : l’interrogation et la justification de l’usage d’un espace, de la conscience et consistance des personnages et du cadre confiné pour faire exister une pièce.
On assiste d’ailleurs à une mise en abime toute théâtrale : les personnages de la fiction prennent corps et se rebellent contre leur dessinateur qui, peu à peu, les abandonne. Conscients qu’ils ne sont que des objets de papier, ils assistent à la destruction progressive du décor auquel ils appartiennent et dont ils dépendent.
Et tout cela sur fond de quête d’un père brigand qui, par sa mystérieuse disparition laisse sa famille sans le sous et une maison sous hypothèque ...
Ainsi, cette réflexion, presque philosophique, nous fait pratiquement perdre la tête : des personnages disparaissent parce que l’auteur virtuel les oublie, le décor se désagrège …
C’est au contraire un rapport au temps tout autre que l’on retrouve dans le film léger de Rémi Bezançon Le Premier jour du reste de ta vie (2008). Le film retrace des heures particulièrement primordiales pour chaque membre de cette famille apparemment modèle. Une belle façon de vivre notre passage à l’heure d’été.

Et puis, le refus du temps qui passe c’est ausi la jolie chanson d’Aldebert, avec son « Indélébile » (faux) hymne à la jeunesse.

Mais au fait, quelle heure est-il ?

samedi 11 février 2012

Et vive la liberté !


“L’important ici est de persuader aux gens qu’on est moins heureux qu’eux ailleurs” André Gide, Retour d’URSS, 1936

L’idée de chercher, pour se consoler, toujours plus misérable que soi est un ressort habituel lorsqu’il s’agit de minimiser sa peine.
Voilà qui est paradoxal puisque, précisément, une peine ne se partage pas. Elle n’est pas subjective, elle n’est pas objective. Elle est encore moins relative.
André Gide savait pourtant bien ce qu’il disait – écrivait.
Guy Delisle a remporté le Fauve d’Or (c’est-à-dire le prix du meilleur album) au festival international d’Angoulême le 29 janvier dernier pour son album Chroniques de Jérusalem. Et lorsqu’on lit les ouvrages de Guy Delisle, on comprend mieux qu’effectivement, les dictatures consistent, aussi, à persuader les gens qu’il est possible d’être moins heureux qu’eux ailleurs. Et bien sûr, de légitimer ainsi l’absence de liberté par l’assurance de la sécurité. Triste et célèbre combat que celui qui oppose ces deux notions.
Né au Québec en 1966, Guy Delisle suit sa femme, médecin pour Médecin du Monde, dans des pays improbables. Il les prend comme champ d'exploration pour créer des bandes-dessinées offrant au lecteur d’étranges découvertes du quotidien de ces terres peu visitées  : la Birmanie (qui donnera les Chroniques birmanes), la Chine (Shenzhen), la Corée du Nord (Pyongyang) et Jérusalem (Chroniques de Jérusalem). 













Le plus étonnant est peut-être son opus totalement ubuesque qui nous introduit dans ce pays inconnu qu’est la Corée du Nord, Pyongyang. Arrivé, pour quelques jours, sur le devant de la scène internationale suite à la mort de Kim Jong-Il en décembre dernier, la Corée du Nord est totalement méconnue du reste du monde. Plus problématique : la population ignore tout – semble-t-il – du reste du monde !
Le lecteur découvre alors que 1984 de Georges Orwell n’est pas un monde à part. Il existe, sous nos yeux. On se demande d’ailleurs comment il a été possible pour le héros de passer les frontières munis de cet ouvrage dans son sac tant le récit rejoint la réalité.
Les étrangers sont accueillis par un guide qui le restera durant tout leur séjour. Un guide qui vous « proposera » (comprendre « imposera ») une visite toute impersonnelle du pays. Pour ne vous offrir qu’un petit Making off des éléments les plus étonnants (soyons diplomates …), voici ce que vous découvrirez, entre autre, en tournant les pages de cette bande-dessinée peu commune: un début de voyage consistant en un passage devant la statue du père de la nation Kim Il-Sung qui, malgré sa mort en 1994, est demeuré le président. Dépôt de fleurs obligatoire. Des "volontaires" de partout .Mais nulle part des âmes qui flânent. Pas de petits vieux qui bavardent. Une ville, un pays aseptisés. Quatre hôtels qui accueillent les étrangers. Mais seul le dix-septième étage qui possède l'électricité : celui qui les héberge. Et une gymnastique locale qui consiste à marcher à reculons.
« Heu … Un mec qui coupe de la pelouse à la faucille sur des kilomètres d’autoroute … c’est aussi un « volontaire »  ?
Tant d’absurdité nous fait douter. Faut-il en rire ou en pleurer ?
Là où il n’y a pas de doute c’est qu’il n’est pas possible d’être moins heureux.
...
La liberté en musique ? Il est libre Max d'Hervé Cristiani ou Être né quelque part de Maxime le Forestier
Mais à quand un Hexagone en Corée du Nord ? 


jeudi 9 février 2012

En avant !


« Le naufrage c’est l’idéal de l’impuissance » Victor Hugo
Quand on parle de naufrage, on pense souvent à celui du radeau de la méduse de 1816.
Histoire sordide que ce naufrage. Initialement partie pour le Sénégal, la Méduse s’échoue en chemin et seul quinze âmes survivront après avoir connu l’horreur de la survie en pleine mer : cannibalisme, trahison, assassinat …
Décrit comme un des plus grand drame de l’histoire maritime, ce naufrage a obtenu sa postérité et une place de marque dans l’imaginaire collectif principalement par l’intermédiaire de Gérirault de son œuvre éponyme si célèbre :
Le Radeau de la Méduse, Géricault
Pourtant, si Goscinny et Uderzo ont caricaturé ce mythique tableau, c’est bien pour souligner – je le suppose – le fait qu’il y a impuissance là où il y a abandon et désespoir tout humain. Le libre-arbitre a ainsi sans doute sa part dans la manière de vivre le naufrage (propre et figuré).

Un autre épisode plus contemporain qui a marqué la conscience collective dans la méthode de survie lors de situations extrêmes est celui du crash d’un avion en pleine cordillère des Andes en 1972.
Les survivants lors de l'arrivée des secours après 72 jours


Abandonnés des équipes de sauvetage après quelques jours de recherches infructueuses, les rescapés du crash – une équipe de rugbymen, étudiants uruguayens – vont connaître 72 jours de survie hors norme. Une avalanche emportera certains des miraculeux survivants. Le froid en emportera d’autres. Un merveilleux documentaire revient sur cet épisode riche d’enseignement à travers le témoignage des seize survivants, aujourd’hui parents. Leur cannibalisme y est expliqué de manière fort émouvante, et nous sommes bien loin des monstres auxquels ce seul mot nous fait instinctivement penser. Ils ont puisé dans la mort – souvent celle de leur proche qui les avaient accompagné pour le voyage - une incroyable force de vie. C’est beau, dur, et donne de l'énergie face au découragement !
Les Naufragés des Andes, film documentaire de Gonzalo Arijon
Si le naufrage est l’idéal de l’impuissance, ces hommes nous révèlent que le surmonter est l’idéal de la force humaine.

samedi 28 janvier 2012

!! Flash Info !!


« La littérature n’est pas la vie, elle n’est qu’un moyen d’exaltation de la vie, un moyen d’en saisir le drame d’une façon plus claire et plus intelligible » Stephan Zweig
Je vous parlais, ici, de Michel Rabagliati pour sa merveilleuse série de bande dessinée Paul. Figurez-vous qu’il a intégré (pour la deuxième fois) la compétition officielle (sélection Jeunesse) du très prestigieux festival international d’Angoulême pour son dernier opus Paul au Parc.

Après le succès de Paul Au Quebec qui reçut en 2010 le prix du public à ce même festival, gageons que le jury saura déceler à nouveau tout le talent de cet auteur et lui décerner demain, jour de clôture du festival, un nouveau prix ; Notons d’ailleurs que, pour une fois, l’auteur a traversé l’océan Atlantique pour être présent lors de cet événement crucial (Michel Rabagliati est un phobique de l’avion… )
Pour en savoir plus sur l’opus en question et l’édition 2012 du Festival d’Angoulême, c’est  ici
Et puis, suivez également Guy Delisle dans la sélection Officielle pour ses Chroniques de Jérusalem dont je vous parlerai bientôt.
Ainsi, si mon admiration pour Stephan Zweig reste sans faille, il faut reconnaître que le festival nous permet, le temps de ces quelques jours hors du temps (du 26 au 29 février 2012) et où chacun est dans sa bulle (!), de croire que, précisément, cette littérature est la vie.

vendredi 27 janvier 2012

Le cœur a ses raisons …

“Le cœur fait tout, le reste est inutile” Belphégor, Jean de La Fontaine, Livre XII Fable 27



S’il y en a bien un qui agit selon son cœur c’est Paul, la si belle création de Michel Rabagliati, auteur québéquois peu connu.

Ce personnage de la bande dessinée éponyme est en effet un tendre paresseux dont les bons sentiments sont emprunts d’un doux mal-être. S’il est si attachant c’est que ce jeune, qui cherche sa voix comme tant d’autres, nous expose des incertitudes que nous ne pouvons que partager. Et c’est avec son cœur qu’il y fait face. Ne cachant pas sa paresse pour l’école mais entreprenant dans ce qu’il aime – la vie - il est un archétype à chaque étape de sa vie : adolescent, jeune homme, père, mari.
Jouant malicieusement sur le parallèle des Martine (Martine à la campagne, Martine à la mer etc …) l’auteur nous fait suivre les aventures de son héros en titrant ses ouvrages selon ce même modèle. Ainsi, il nous propose notamment :









 





A la différence de Martine (dont, il est vrai, je me souviens mal …) éternel enfant innocent, naïf et intemporel, Paul évolue, grandit et change son regard sur les choses au fil des épisodes. Davantage par la force des choses, d’ailleurs que par sa propre volonté.

Drôle (humour tout québéquois …), fin et attachant, ce héros aux épais sourcils nous fait réfléchir et voyager.
Le tournant dans sa « carrière de héros » est l’épisode Paul a un travail d’été : lycéen rebelle, il décide de quitter les études pour devenir imprimeur, sans conviction. En réalité, il est perdu. Par un concours de circonstances, il devient animateur dans un camps pour enfants défavorisés en pleine forêt canadienne. Découvrant alors le dépassement de soi et mesurant sa chance d’avoir grandi dans tant d’amour, Paul se découvre lui-même bourré d’humour et de talent.
Offrant à sa propre fille, bien des années plus tard, la poupée de Marie, colonne aveugle à laquelle il s’était attaché, il aura cette phrase pour justifier ses yeux percés : « Elle est comme le petit Prince ; Elle n’a pas besoin d’yeux pour voir, elle voit avec son cœur »

Anaïs, Mon cœur, mon amour

lundi 16 janvier 2012

Un peu de douceur


« La gentillesse est donc à la morale ce que la kinésithérapie est à la médecine: un massage de l’âme et donc une manière de faire le bien par la douceur. Voilà pourquoi la gentillesse est une valeur chaude : parce qu’elle réchauffe le cœur de celui qui demande une aide et que ce réchauffement moral est un lien fondamental de l’humanité. » Emmanuel Jafferin, Éloge de la gentillesse
La gentillesse est souvent décriée comme arme du faible, de celui qui ne perçoit pas, dans notre monde contemporain, toute la perfidie ou la malice de son interlocuteur.
Un pauvre benêt, en somme …
Emmanuel Jafferin remet les choses en place et redonne à cette vertu toutes ses lettres de noblesse : là est bien le terme juste puisqu’il rappelle que la gentillesse est, à l’origine – chez les Romains - non pas une notion de morale mais un trait caractéristique du noble.
A croire que Dominique Roque et Alexis Dormal, auteurs de la série et bande dessinée Pico Bogue, ont lu Emmanuel Jafferin tant leur style utilise du ressort de la gentillesse pour produire un ouvrage doux, subtil, hilarant et néanmoins profond. Le lecteur suit les aventures de Pico, petit roux à la tignasse rebelle,  et surtout …. (très) mauvais élève !
Tome 1
Les auteurs nous donnent à lire des aventures familiales quotidiennes, à traves de courtes saynètes, émouvantes, touchantes et incroyablement drôles. Les bouilles follement attendrissantes du frère et héros (Pico) et de sa soeur (Ana Ana) n’y sont pas innocentes.
Une platitude de bons sentiments, pensez-vous ?  Absolument pas !
Si aucun sujet n’est épargné- la fatalité de la mort, la cruauté de l’amour à sens unique, le désespoir, l’exclusion, les difficultés de l’éducation –, ce n’est jamais au détriment de leur profondeur et de leur complexité. C’est avec une grande habilité et finesse que les auteurs abordent ces thèmes souvent difficiles. Et la gentillesse, qui est bien au cœur de ces courtes histoires, permet précisément de traiter tout cela si ce n’est avec légèreté, du moins avec une ironie sous-tendue et innocente. Proche de la tendresse, cette gentillesse rend le lecteur meilleur une fois la lecture terminée.
A bon entendeur …. 

Tome 2
Tome 3
Tome 4