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vendredi 24 août 2012

L’effet mouche



« Ce sont les événements qui commandent aux hommes et non les hommes aux événements » Hérodote
Dans un joli conte arménien de Hovannes Tumanyan, mis en récit par Vincent Dès et en couleur par Lise Mélinand dans leur ouvrage La Goutte de miel, on découvre que l’effet papillon, peut se retrouver un peu partout. Un événement a priori insignifiant peut avoir de grandes conséquences. Entre un battement d’aile d’une mouche s'approchant d’une goutte de miel et une guerre féroce entre deux villages, vous avez bien du mal à établir un lien de cause à effet ? Trouvez ici la réponse:

Ce conte crée ce pont.
Et comme tout conte qui assume pleinement son rôle, il cache sous son apparence facile et enfantine, une profondeur bien réelle. Une morale poétique, insaisissable. Une morale supposée et non dite.
On ne mange plus le miel de la même manière.
« Dans un tout petit village, un homme avait ouvert une boutique d’alimentation. Les habitants n’étaient pas riches mais, en ce temps-là, ils vivaient heureux. »
Sur le même thème, mais bien plus contemporain, c’est le film d’Eric Bress et J. Mackye Gruber, décortique également la force d’un détail sur l’enchainement d’un ensemble d’événements.  On y découvre ce que serait la vie si. Si on en avait le contrôle. Si l’on pouvait changer le cours des événements. Si la goutte de miel n’était pas tombée à côté du pot …



L’effet mouche


lundi 11 juin 2012

La tête dans les étoiles


« La vie est agréable. La mort est paisible. C’est la transition qui est désagréable » Isaac Asimov


Sans être aussi dramatique qu'Isaac Asimov, il faut reconnaître qu'être en état de transition est un sentiment très étrange. A l’image, sans doute de celui qui nous envahit à l’approche d’un beau voyage.
Faire une valise, c’est avoir, déjà, la tête dans les étoiles et anticiper ce qui pourrait bien arriver. C’est une excitation singulière qui autorise à avoir un mal de mer sans même encore naviguer ou avoir une appréhension du furieux décollage d’un avion.
Mais c’est surtout n’être pas totalement dans l’esprit ce que nous faisons.
Faire une valise, c’est être en transition. C’est une attente dont on connaît, a priori, l’issue joyeuse.
Mais la transition ne se limite certainement pas à l’image positive du voyage. Parce qu’une transition est aussi terriblement anxiogène. Ce qui d’ailleurs, se retrouve dans le film Le terminal de Steven Spielberg.


Ce film qui a, pour unique décor, un terminal d’aéroport – le JFK de New York -  nous révèle que l’on peut être dans une transition non désirée, mais qu'après tout, il suffit de faire avec !

The Terminal, S. Spielberg
Mais s’il est toutefois peu probable que notre pays disparaisse pendant un vol d’avion, il est en revanche utile de se rappeler que l’attente et la transition peuvent être salvatrices.
De quoi espérer que l'on finisse par arriver à destination. Et une belle, si possible.
 Coldplay, Paradise
La tête dans les étoiles


mercredi 30 mai 2012

Je suis un équilibriste


« Ah ! Voici l’équilibriste en habit noir. Il grimpe, à la force des poignets, jusqu’au sommet de la coupole, jusqu’au trapèze vertigineux. Il pose un des pieds d’une chaise sur un verre à boire qui craque, et il s’assied au-dessus du vide. »
Les plaisirs et les jeux (1922), Georges Duhamel

Il y a des moments où l’on retient son souffle. L’attente d’un résultat médical, musical, ou professionnel.
On est alors dans un entre-deux. Et l’on ne peut rien faire. Les dés sont jetés. Plus rien ne dépend de nous. Notre tour (chance ?) est passé.
Cette étrange temporalité où l’on ne peut pas dire que tout va bien. Mais pas plus que tout va mal. Ce sas sans nom. Un intermède de l’indéterminé.
C’est aussi le fil rouge qui définit le magnifique film Walk the line qui retrace la tumultueuse vie de Johnny Cash. Une vie comme sur un fil. Et où tout semble si fragile. Entre ses indécisions amoureuses, ses addictions diverses et son infaillible talent, Johnny Cash se révèle à travers son  parcours passionnant et non moins semé d’embuches.


A la différence de nombreux de ses contemporains (au premier rang desquels Elvis Presley), Johnny Cash survivra à ses débuts chaotiques.
Comme un équilibriste.




Je suis un équilibriste

samedi 3 mars 2012

Venez comme vous êtes !


“Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute.”
Jean De La Fontaine

Les grandes marques nous assaillent de slogans tous plus percutants les uns que les autres.
Celui, célèbre et malin, de McDonald’s “Venez comme vous êtes” est particulièrement rusé parce qu’il nous interpelle, avec nos imperfections, nos rides, nos kilos, nos bagues aux dents ou nos cannes dans la main… Bref, il nous parle à nous et comme nous sommes.




Et je me demande pourquoi ce slogan marche tant.
Certainement parce qu’il entre en collision frontale avec ce à quoi nous sommes tant habitués : des top modèles beaux à en tomber, remplis, eux de perfection absolue et répondant aux canons de beauté.

Des êtres qui ne viennent pas comme nous sommes.
Des êtres bien loin de notre réalité et à qui l’on a envie de dire « Vous vous êtes et nous, nous sommes ».
Des hommes pareils de Francis Cabrel.
Mais la solution c’est peut-être d’être convaincu que l’on est bien beau dans nos pantalons Zara ou, comme Barney (How I Met Your Mother) dans nos costards quotidiens ….
Nothing suit me like a suit, Barney Stenson (How I met your mother)
...
Venez comme vous êtes
...

lundi 13 février 2012

Qu’est ce qu’on attend pour être heureux ?



“L’espérance est une disposition de l’âme à se persuader que ce qu’elle désire adviendra (…) et la crainte est une autre disposition de l’âme qui lui persuade qu’il n’adviendra pas” René Descartes, Les passions de l’âme, Article CLXV "De l'espérance et de la crainte"
Voilà où se cache ce qui nous maintient. En activité. En mouvement. En vie.
Il faut en avoir de l’espérance avec l’administration universitaire … Malgré une avalanche de formulaires remplis, l’attente et la confirmation de la disponibilité du sésame (un diplôme), l’âme persuadée que ce qu’elle désirait adviendrait ne pu suffire par exemple aujourd'hui pour ma part …
Oublions l’université et prenons la question à l’envers : pouvons-nous être un horizon d’espérance ? Ou faudrait-il être malheureux pour susciter l’intérêt ?
Être dépressif, en deuil de son chat et s’être cassé le pied l’avant-veille, c’est certain, ça en jette quand même plus qu’être tout bonnement (et bêtement) heureux.
Heureux ou malheureux, tout n’est peut-être qu’une question de la manière dont nous disposons notre âme … comme le disait aussi, et plus simplement, ce cher Panda :
“I am not A big fat Panda, I am THE big fat panda” Kung fu Panda

lundi 6 février 2012

C'est ton destin !

"Le destin conduit celui qui l'assume; il traîne celui qui veut le nier." Cicéron


C'est peut-être dit plus élégamment que les Inconnus mais l'idée est bien la même.
Assumer son destin.
Merci Cicéron ; la tache est si simple !
...
Passer des coups de fil en séries de relance pour sa recherche d’emploi.
Dire que tout va bien.
Dépérir.
Et tomber sur Les Barricades de François Couperin diffusées sur ce merveilleux Carrefour de Lodéon sur France Inter
 Les Barricades de François Couperin, interprétées au clavecin
Grand classique des massacres lors des fameuses auditions du conservatoire de son enfance. Retrouver le sourire en repensant à Maxime, incapable de sortir son si bémol de la main gauche. Au chignon impeccable de Rosalie et au dos bien droit d’Aurélien* (que je n’aurai jamais – le chignon  … et le dos d’ailleurs). Repenser à ses heures de travail, à ses gammes, à son énervement lorsque les fruits du labeur n’étaient pas immédiats et à sa satisfaction lorsque la prestation était réussie.
Se dire que tout est toujours un équilibre entre le sentiment d’être seule au monde et d’être désespérément comme tout le monde
Recevoir un gentil mail.
Se dire qu’il en faut peut pour être heureux ... et se dire que c'est son destin !

 
* Tous les prénoms sont factices, pour des questions diplomatiques !

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mardi 24 janvier 2012

Elle est pas belle la France ?


« A nous deux, maintenant » Eugène de Rastignac dans Le Père Goriot, Honoré de Balzac
Dans sa célèbre apostrophe à Paris, Eugène de Rastignac nous donne à penser que son champ de possibles est infini.
Il semble bien compliqué d’évoquer Paris en quelques lignes tant tout semble déjà avoir été dit …
Cette « ville lumière », capitale la « plus belle du monde » ou toute autre périphrase emplie de superlatif rend toute évocation vide et inutile.
Si cela me paraît possible, c’est parce que ces quelques lignes dépassent le seul cadre de notre capitale. Il s’agit simplement de mesurer combien le champ des possibles reste ouvert, constamment. Il est essentiel d’en être convaincu.
Tout comme Rastignac adresse à la ville qu’il surplombe un message ambivalent empli de défiance et de conviction, il est – il me semble - vital d’appréhender l’avenir avec confiance, ambition mais humilité.
Tout comme Adele avec son célèbre clip Someone like you révèle un Paris cruel – lieu de la rupture- et optimiste – lieu de la reconstruction future -, Benoit Dorémus reconnaît à cette ville les mille défauts tout en lui vouant, pourtant, un amour inconditionnel …
C’est précisément dans cette ambivalence et dualité des sentiments que cette ville appelle qu’apparaît la richesse et le caractère infini des possibles. Alors, elle est pas belle la France ?
Adele, Someone like you

Benoit dorémus, Paris