dimanche 10 juin 2012

La vidéo du dimanche


“Au jour vénérable du soleil que les habitants se reposent et que tous les ateliers soient fermés”
Décret de l’empereur Constantin (321)
En ce jour de 1er tour des élections législatives, nous attendons les résultats.
Et que le monde change ? 


dimanche 3 juin 2012

La vidéo du dimanche


« Dans leur pitié, pour notre race naturellement vouée à la peine, les dieux ont institué des haltes au milieu de nos travaux. C’est l’alternance des fêtes »
Platon
Comme pour ce dimanche-ci, je vous propose aujourd’hui deux vidéos sur un même thème.
Ou plutôt, je pastiche outrageusement la rubrique “A deux, c’est mieux” de Philippe Meyer, dans sa délurée émission La prochaine fois je vous le chanterai.
Et aujourd’hui, on doute !

Les gens qui doutent, Anne Sylvestre 

Les gens qui doutent, Vincent Delerme, Jeanne Cherhal et Albin de la Simone

mercredi 30 mai 2012

Je suis un équilibriste


« Ah ! Voici l’équilibriste en habit noir. Il grimpe, à la force des poignets, jusqu’au sommet de la coupole, jusqu’au trapèze vertigineux. Il pose un des pieds d’une chaise sur un verre à boire qui craque, et il s’assied au-dessus du vide. »
Les plaisirs et les jeux (1922), Georges Duhamel

Il y a des moments où l’on retient son souffle. L’attente d’un résultat médical, musical, ou professionnel.
On est alors dans un entre-deux. Et l’on ne peut rien faire. Les dés sont jetés. Plus rien ne dépend de nous. Notre tour (chance ?) est passé.
Cette étrange temporalité où l’on ne peut pas dire que tout va bien. Mais pas plus que tout va mal. Ce sas sans nom. Un intermède de l’indéterminé.
C’est aussi le fil rouge qui définit le magnifique film Walk the line qui retrace la tumultueuse vie de Johnny Cash. Une vie comme sur un fil. Et où tout semble si fragile. Entre ses indécisions amoureuses, ses addictions diverses et son infaillible talent, Johnny Cash se révèle à travers son  parcours passionnant et non moins semé d’embuches.


A la différence de nombreux de ses contemporains (au premier rang desquels Elvis Presley), Johnny Cash survivra à ses débuts chaotiques.
Comme un équilibriste.




Je suis un équilibriste

lundi 28 mai 2012

Et si on refaisait le monde ?


« Un coup de pinceau de la Nature rend tous les mondes semblables » Flatland  (1884) Edwinn Abbott Abbott

Laisser un autre monde à nos enfants. C’est sans doute ce que pensent tous les écologistes.
Vivre dans un autre monde. Voilà ce à quoi pense,  à un moment où à un autre, chacun d’entre nous.
Ou à défaut nous l’avons au moins chanter, bien fort, avec Téléphone.
Téléphone, Un autre monde
Ni écologistes, ni chanteurs rock, les deux héros de Moonrise Kingdom sont pourtant de parfaits archétypes de doux rêveurs d’un autre monde.
Film loufoque, totalement décalé et surprenant, Moonrise Kingdom est une bulle hors du temps. Un autre monde à lui seul. 


Deux amoureux. Un orphelin, en camp scout et mal aimé de la bande. Une jeune fille légèrement paumée et qui rêve d’un ailleurs.
Deux chemins qu’ils s’efforcent, tous deux, de rejoindre. Comme une histoire impossible.
 The Story of the impossible, Peter Von Poehl
Allez donc voir Moonrise Kingdom.  Le temps de cette épopée, vous vivrez dans un autre monde !

Et si on refaisait le monde ?


dimanche 27 mai 2012

La vidéo du dimanche



« Dans leur pitié, pour notre race naturellement vouée à la peine, les dieux ont institué des haltes au milieu de nos travaux. C’est l’alternance des fêtes »
Platon
Au temps de Platon, le théâtre était un des moyens pour réaliser une catharsis. Autrement dit, la purification à travers l’expression des passions individuelles, par d'autres et sur scène.
Ce dimanche, je vous propose une chanson qui vous permet, Messieurs, de faire ce même travail.
Puissiez-vous y trouver soulagement et satisfaction !
Et second degré, bien évidemment. 
Et Mesdames, admirez donc le délicieux air malicieux de Georges Brassens. Et ses fous rires. Exquis ... Ici sur le lien vers la vidéo de l'INA



 Georges Brassens, Misogynie à part (à Bobino)


jeudi 24 mai 2012

Us / e / um / i / o / o (Masculin, singulier)


« Quelques semaines plus tard, la classe de cinquième A I fut le théâtre d'un événement singulier: pendant le cours de latin la porte s'ouvrit, Bénard entra, escorté du concierge, salua M. Durry, notre professeur, et s'assit. Nous reconnûmes tous ses lunettes de fer, son cache-nez, son nez un peu busqué, son air de poussin frileux: je crus que Dieu nous le rendait. » Les Mots, Jean-Paul Sartre




Bell-um                    Bell-a                     
Bell-um                    Bell-a
Bell-um                    Bell-a
Bell-i                        Bell-orum
Bell-o                       Bell-is
Bell-o                       Bell-is


Voilà ce à quoi se résumait, dans mon souvenir, mes cinq années de latin.
La guerre (bellum), pris comme merveilleux exemple du paradoxe de la langue : la déclinaison du neutre. Dès la 5ème nous entrions donc dans un monde parallèle où le plus violent des actes nous était imposé comme étant neutre.  
Des histoires de Dieux, de vengeance, de supplices ignobles imposés sous le sceau de l’amour. Voilà aussi ce que nous trouvions dans ces heures hors du temps où nous apprenions une langue prétendue « morte ».
Pourtant, tout cela devient bien plus vivant quand vous retrouvez, à l’anniversaire d’une amie, votre professeur de latin de 5ème.  Quoi de plus improbable !
Alors non, je n’ai pas récité ma déclinaison – quoi que le professeur aurait surement été heureux de voir que son enseignement était resté profondément ancré, sans que je sache bien pourquoi … - mais j’ai compris qu’il me serait bien utile d’avoir une tête aussi pleine d’histoires rocambolesques, d’Ulysse et de travaux d’Hercule.
Il n’est pas question d’admirer l’érudition pour elle-même. Mais bien plutôt d’admirer ces savoirs qui font de vous un être qui ne s’ennuie jamais.
Un cours de latin. En 5ème E.

 La maitresse d'école, Georges Brassens

Us / e / um / i / o / o
(Masculin, singulier)


mardi 22 mai 2012

Qui me parle ?


« L’un dit une chose, l’autre allait justement dire la même chose et répète cette même chose. Il semble qu’il était impossible de parler autrement. On est strictement jumeaux. Se distinguer, on n’y songe plus. Identité ! Identité ! »
La Nuit remue, Henri Michaux

Qui suis-je ? C’est parce que l’on se pose cette question que l’on aborde les cours de philosophie avec la plus grande curiosité en classe de terminale.
Les sociologues interactionnistes vont diront que ce travail n’est, en réalité, jamais fini ; que nos rapports sociaux quotidiens sont soumis à la pression de ce périlleux travail : « garder la face ». Que toute conversation est basée sur une mise en danger de soi, et de son identité.
Mais imaginez la déchéance lorsque l’on perd son identité. Lorsqu’on vous la vole. Lorsqu’on vous fait dire ce que vous n’avez pas dit. Lorsqu’on vous fait passer pour ce que vous n’êtes pas.
Voilà bien un thème rabâché par tous les arts.
Difficile, par exemple, de ne pas penser au film Volte/face dont l’intrigue aussi effrayante que passionnante repose sur le vol d’identité.  


En matière de théâtre, c’est également le thème de la pièce Amphitryon, mise en scène par Jacques Vincey et jouée jusqu’au 24 juin par la troupe de la Comédie française.
Savez-vous que c’est de cette pièce que nous vient le mot « Sosie » ? Parce que le valet Sosie se fait usurper son identité par Pluton déguisé en … lui-même.
C’est effectivement la grande perfidie des Dieux, dans cette pièce : prendre l’apparence d’autres, pour conquérir les cœurs.  
Conquérir les cœurs en prenant une fausse identité, c’est d’ailleurs également le thème que l’on retrouve dans le film Un balcon sur la mer, dans lequel Marc (Jean Dujardin) est berné tout autant par une femme qui se fait passer pour une autre, que par son passé qui le hante. 

Trouver son équilibre étant déjà bien compliqué, merci aux usurpateurs de s’écarter de notre chemin.

Qui me parle ?