Non, le titre de ce post ne fait pas référence à la palme d’Or 2007 de
Cristian Mungiu 4 mois, 3 semaines, 2
jours, mais bien plutôt au célèbre slogan d’Adidas lors de la coupe du
monde 1998.
Il fait référence à ces instants que l’on imprime si bien dans notre
mémoire qu’ils deviennent des événements. Que l’on peut minutieusement dater.
Et dont on a attendu, un certain temps, le dénouement ! A l’image, sans
doute, de ces bacheliers qui ont lu sur des écriteaux aujourd’hui qu’ils
étaient bien reçus à l’examen.
D’ailleurs, je pense que beaucoup ont du dire, pour l’occasion, que c'était vraiment "génial" :
Extrait de Moi, Moche, Méchant
Et enfin, parce que ces victoires sont atteintes par la force de nos bras –
et de notre moral, aussi, un peu -et contre vents et marées, il est bon de se rappeler, une fois encore
cette belle publicité de 1998:
« La science est bonne drogue.
Mais elle dépend du vase » Quelque
six mille proverbes et aphorismes usuels … (1856) Charles Cahier
Etrange que le sentiment addictif.
Une attirance irrémédiable.
Une odeur, un goût, une image ou un sentiment. C’est bon et mauvais à la
fois. Une dualité qui, si elle est connue, n’est pas moins précieusement
entretenue par nos soins.
Il faut croire que les réalisateurs hollywoodiens connaissent nos
faiblesses. Parce que, pour ne prendre qu’un exemple, 24Heures Chrono est plutôt dévastateur en matière d’addiction. Jack
Bauer nous appâte en nous faisant croire que la fin est proche (« quand tout cela sera fini, je … »)
alors que l’on sait bien que ce discours est ridicule : tout cela ne sera
jamais terminé, puisque tout cela est le raison d’être du scenario !
Mais heureusement, Hollywood n’est pas le seul à nous rendre dépendant !
Le musée des Arts décoratifs a également très bien compris la méthode et
propose une série d’expositions tout à fait addictives !
Celle sur le célèbre boisson Ricard, par exemple, qui mène une campagne de publicité
actuellement pour fêter ses « 80 ans et toujours jaune ». S’il ne
nous est pas offert d’échantillons à la sortie, cette exposition nous dévoile
en revanche les secrets du succès
de cette entreprise arrivée sur le marché après l’interdiction de l’absinthe en
1915 et qui a mené une campagne de publicité alternative, ne recourant jamais
aux médias.
Mais ajoutons à cela l’exposition sur la maison Louis Vuitton et Marc
Jacobs. On y découvre les débuts de la maison grâce au génie d’un homme et la
passation de pouvoir délicate dans les années 1990 au créateur de mode Marc
Jacobs. Une envie passagère de subtiliser les beaux sacs exposés ? Oui,
c’est certain !
Enfin, un petit plaisir des yeux à travers l’exposition « Trompe-l’œil »
qui propose toute sorte d’effets d’optique et d’illusion à travers l’art,
l’architecture, la mode ou la publicité. C’est ludique et passionnant !
Evidemment, Mousse Mango en aurait voulu encore …
Mousse Mango et les bouteilles de Ricard ... exposées !
Il en a encore d’autres expositions et elles durent pendant tout l’été ! Sortie
idéale pour ces mois où la chaleur estivale est mise à rude épreuve.
"Le meilleur
de la vie se passe à dire: « Il est trop tôt », puis : « Il est trop tard ».” Gustave
Flaubert ; Lettre à Jules Duplan - 1857.
Le passé a cela de bien : il est dans nos mémoires comme un souvenir sacré.
Et si le temps qui passe joue contre nous, il joue en sa faveur. Chaque jour
passé signe un peu plus sa sanctuarisation.
Parce que oui, plus c’est loin et enfoui profondément, plus le souvenir est
fragile, rare et donc précieux. Le souvenir répond aux lois de l’économie, en
somme.
Il en fallait donc, du cran, pour aller à l’encontre de cette pensée de
bistrot. La campagne de publicité du Mouv’ prend donc le contrepied de cette
idée reçue avec le slogan « Non, tout n’était pas mieux avant ».
Parce que si avant notre yaourt confectionné maison avait le goût du lait,
si nos grands-mères avaient le temps de tricoter pour nos petits-enfants et si
nous connaissions nos voisins par leurs prénoms, nous faisions également quelques petites choses qui, c’est
certains, aujourd’hui nous dérangent, nous titillent, nous offusquent.
Cette campagne, parfois violente, revient sur le côté très "vintage" de l’attirance
contemporaine pour l’ancien. Jugez-en par la guipure très en vogue dans la mode féminine ou la
nouvelle tendance des larges montures de lunettes !