mardi 5 février 2013

Reprendre du service




« Dis-moi ce que tu vaux, Conte-moi tes vertus, tes glorieux travaux ». Corneille, Cinna, ou La clémence d'Auguste

Reprendre du service, se remettre dans le bain, le retour au train train.

Après les fêtes il est souvent bien douloureux de retrouver ses quotidiennes habitudes.

Même si l'on voudrait du rab, il n’y a pas de doute : les durs mois post féérie sont bels et bien installés.
Mais cela est sans doute mieux ainsi. Sinon, on ne le reprendrait jamais, notre service. Et d’ailleurs, on ne le prend pas. C’est lui qui nous happe.

C’est ce dont est témoin (victime ?) Serge Tanneur (Fabrice Luchini) dans Alceste à bicyclette : le retour dans les arènes du métier d’acteur lui est quémandé par son ancien collègue et désormais acteur à succès de série B, Gauthier Valence (Lambert Wilson).  Retrouver le plaisir du jeu et de la scène, voilà qui est tentant. Mais cela est sans compter ce qu’il a fui, à savoir tout le reste.



Ce film est surprenant : avec une mise en abime constante, il offre au spectateur un double spectacle. Celui, habituel de la fiction voulue par le cinéma. Et celui, plus inattendu, de la mise en scène d’acteurs interprétant le Misanthrope de Molière. Un spectacle dans le spectacle. A notre insu, s’installe alors un doute : où est la frontière entre une fiction et l’autre ?

Le Misanthrope serait-il un prétexte ? Pour ne pas reprendre du service immédiatement, certainement …


Je ne veux pas travailler



Reprendre du service
….


dimanche 3 février 2013

La vidéo du dimanche


« Dans leur pitié, pour notre race naturellement vouée à la peine, les dieux ont institué des haltes au milieu de nos travaux. C’est l’alternance des fêtes »
Platon

De la pluie en papier mâché,  voilà ce qu’il nous faudrait !

Entre cartoon et réalité, ce clip de Lieutenant est une jolie découverte !




mercredi 23 janvier 2013

Il va falloir faire preuve de générosité







« Le don est à la fois ce qu'il faut faire, ce qu'il faut recevoir et ce qui est cependant dangereux à prendre » Essai sur le don, Marcel Mauss

Les bonnes résolutions de la rentrée de janvier sont toujours pleines de bonnes intentions. Voire mielleuses. On voudrait sauver le monde. Chacun y va de ses pléonasmes : la guerre c’est mal, la paix, c’est beau, le Nutella, c’est bon.

Dans sa chronique du 1er janvier 2013 paru dans le Huffington Post, Raphael Enthoven parlait même des « simagrées de la bienveillance » pour désigner les vœux de la bonne année.

En réalité, il s’agit peut-être bien moins de parler de paix et de bonheur que de générosité.

Cette générosité est proche de la gentillesse : elle n’est pure que lorsqu’elle est gratuite. Or la générosité coûte. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien  que l’on parle des primes de fin d’année et des étrennes. Il y a donc une relation ambiguë entre celui qui donne et celui qui reçoit. Le premier incarne la figure biblique du bon Samaritain. Le deuxième se met en danger puisqu’en acceptant le don qui lui est fait, il accepte implicitement la réponse qu’il doit y apporter (le « contre-don », théorisé par l’anthropologue Marcel Mauss).

Cette relation complexe fait naitre, en tout état de cause, un lien social essentiel.

Cédons donc à la force performatrice de ces quelques mots, puisqu’ils donnent l’illusion d’une joie et d’un bonheur immuables : Bonne année !


Il va falloir faire preuve de générosité


mardi 1 janvier 2013

MM fête sa première Saint-Sylvestre !

"Ne vous inquiétez pas de la fin du monde aujourd'hui. Il est déjà demain en Australie." Charles M. Schulz (1922-2000)




dimanche 23 décembre 2012

La vidéo du dimanche


« Dans leur pitié, pour notre race naturellement vouée à la peine, les dieux ont institué des haltes au milieu de nos travaux. C’est l’alternance des fêtes »
Platon
En ce 23 décembre, l'alternance des fêtes bat son plein.
Faisons donc une pause dans cette effervescence des fêtes. Et posons-nous des questions avec Sexto Rodriguez.

I wonder, Sixto Rodriguez

samedi 8 décembre 2012

L'homme qui parlait à l'oreille ...



" Je ne suis ni dessinateur ni peintre. Mes dessins sont de l'écriture dénouée et renouée autrement" Jean Cocteau

On dit souvent que si les murs parlaient, ils nous raconteraient de sacrées histoires. Ils en ont vu des passants, des écoliers, des amants, des jeunes femmes, des familles nombreuses, des solitaires. Les longer, les raser, les observer, les taguer.

Les murs ont un sens pour ceux qui les connaissent. C'est sans doute pour cela qu'il peut être douloureux de changer de murs. Le "mal du pays" dit-on. Ces nouveaux murs, ces nouvelles pierres, ce nouveau territoire n'ont pas d'histoire à nous raconter. Nous n'en avons pas à leur en conter.

Pourtant, certains murs semblent universels. La richesse de leur passé dépasse toute possibilité d'ennuis. 

Chroniques à Jérusalem, de Guy Delisle racontent justement comment cette ville regorge de murs forts bavards, si l'on parvient à les écouter. De mur (des lamentations) en mur ( de séparation). 



Comme à son habitude, l'auteur trace sous son fin crayon sa vie dans une ville (souvenez-vous de Shenzhen, Pyongyang ou les Chroniques Birmanes notamment) et en l'occurrence ici dans la ville Sainte d'Israël. On découvre les quartiers musulmans, les quartiers juifs, les quartiers chrétiens. Les colonies. Les aberrations qu'une telle division fait naître au quotidien. On découvre le regard d'un dessinateur sur une ville, qui tel un interprète, transpose par un trait de crayon les non-dits et les discours des murs sur une feuille de papier. 


Un dialogue avec les murs.

On en regarde les murs différemment. Même à Paris.




Yael Naïm, Paris


L'homme qui parlait à l'oreille …
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dimanche 2 décembre 2012

La vidéo du dimanche


« Dans leur pitié, pour notre race naturellement vouée à la peine, les dieux ont institué des haltes au milieu de nos travaux. C’est l’alternance des fêtes »

Platon

Alors que l'hiver s'installe, et que le verglas ne devrait plus tarder, on peut se demander à quoi rêvent les patineurs, non ?



Clarika, Les patineurs


Et en ce premier dimanche de l'avent je vous propose une jolie découverte : le projet de Louis Coumian et Clément Martin qui jusqu'au 24 décembre proposent un calendrier de l'avent en vidéo.  A découvrir ici.